Un cours, comment ça se passe ?

Premier article, je me sens tout fébrile ! Avant de raconter des anecdotes et des choses de la vie quotidienne dans le collège, petite entrée en douceur, sur le thème : y a quoi dans un cours ?

L’entrée en classe

Cela semble idiot, mais un cours, ça commence par l’entrée en classe. Et beaucoup de choses se jouent ici : une entrée en classe réussie assure en général un quart d’heure, voire vingt minutes de bon fonctionnement en début de séance. Chaque prof a ses petites habitudes et manies, et en général les élèves les connaissent bien et s’y plient sans (trop de) mal.

Les cours durent 55 minutes, et démarrent lorsqu’une sonnerie retentit ; une autre sonnerie a lieu 55 minutes plus tard pour marquer la fin de la séance. Si c’est la récréation, les élèves doivent sortir et aller dans la cour et leur prochain prof ira les chercher. S’il n’y a pas de récréation, les élèves ont 5 minutes pour aller au cours suivant, qui démarrera par une sonnerie.

Donc, l’entrée en classe. Un peu avant la sonnerie, je sors de ma salle et je me place devant ma porte ; je peux ainsi voir les élèves arriver… et surveiller les bousculades, chahuts et autres capuches et bonnets qui n’ont rien à faire sur les têtes. Au moment où la sonnerie retentit, je parcours le rang pour calmer le groupe, essayer de faire à peu près ranger tous les élèves et cesser les bavardages. Je n’y arrive jamais vraiment, mais au moins les conversations on lieu à voix basse et l’ambiance est moins électrique lorsque les élèves sont immobiles.

Je retourne devant la porte, et les élèves rentrent un à un ; je salue tout le monde (les élèves y tiennent beaucoup et ils adorent que l’on prononce leurs prénoms – les adolescents adorent être aimés) et je rentre à mon tour en fermant la porte derrière moi. Lorsque le calme relatif est arrivé, ce qui peut prendre un certain temps, je fais asseoir tout le monde et les élèves sortent leur matériel.

En général, 3 à 8 minutes se sont écoulées, parois davantage (par exemple aujourd’hui même, une classe de troisième a mis plus de 15 minutes à démarrer).

La questions flash : un rituel

Une fois que tout le monde est installé, on commence le cours avec une question que j’appelle une question flash. C’est une question rapide, dont l’énoncé est vidéo-projeté au tableau. Il peut y avoir du calcul mental, l’application d’une propriété de cours, un petit problème simple mettant en œuvre une méthode vue en classe, etc. Les élève ont quelques minutes pour répondre, et ensuite nous corrigeons au tableau.

Les contenus des questions peuvent être très variés : révisions de choses anciennes, application d’une notion étudiée la veille, anticipation des prochaines séquences, etc.

Durée maximale théorique, correction comprise : 10 minutes. L’objectif est de ritualiser le début du cours, et de mettre les élèves (idéalement) en situation de réussite. Après quoi, la séance continue et l’on reprend la séquence où elle avait été la fois précédente. Il reste en général 35 à 40 minutes de cours avant la fin de la séance.

La suite et la fin

Là, il n’y a pas de règle : on peut faire des exercices, des travaux de groupe, des parties de cours, des évaluations, etc. Je commence par répondre aux questions soulevées par les élèves, mais en général il y en a peu car ils n’ont pas le recul nécessaire pour poser spontanément des questions de but en blanc.

Une fois les questions résolues, au travail ! Difficile de donner des situations génériques, car il n’y a que des exceptions : on est très loin de la zone de confort d’un matheux de ce côté-là.

Si le besoin s’en fait sentir, 8 à 10 minutes avant la fin, je mets un terme à l’activité en cours pour en faire une synthèse avec les élèves et extraire les points les plus importants et difficile, ou les méthodes à connaître. En effet, la mémorisation est plus durable sur ce qui est dit en dernier. Enfin, 3 5 5 minutes avant la sonnerie, je donne le travail à faire pour la fois suivante et je réponds aux éventuelles questions. Puis les élèves rangent leur matériel et peuvent quitter la salle.

Je mets un point d’honneur à ne jamais terminer mes cours en retard, car les élèves décrochent, sont susceptibles d’être retardés pour le prochain cours ; de plus, si certains doivent rester à la fin du cours, il faut qu’ils aient eu temps pour partir ensuite. De plus, cela me donne une légitimité pour sermonner les élèves en retard, et de fait je n’ai pas trop de retardataires. En contrepartie, je dois de mon côté être irréprochable sur la ponctualité.

3 réflexions sur « Un cours, comment ça se passe ? »

  1. Merci pour ce témoignage, j’ai hâte de lire la suite.
    C’est tellement différent de prof à la fac, j’enseigne en L2, 40 élèves plutôt sages je suis dans la salle avant si certains ont des questions sur le cours. A 8h je commence, j’écris au tableau en parlant seul, je suis rarement coupé par une question pour détailler un peu. Je dirais que seulement une moitié des élèves a déjà posé une question.
    J’enchaîne définitions, théorèmes preuves, la plupart ont quelques tableaux de retard. Je n’ai finalement que très peu d’interactions avec eux, je ne connais même pas tout leur prénoms … Ils ne passent jamais au tableau, pas le temps. La seule façon que j’ai de savoir s’ils suivent, c’est au prochain DS.
    Pour préparer mon cours, je pioche dans différents cours présents sur internet, et j’organise tout ça pour former un tout cohérent. Comment prépare-tu tes cours ?

  2. En général, je ne prépare pas un cours seul, mais plutôt ce que les jargonneux appellent une séquence : c’est en gros un chapitre avec introduction/cours/exercices, assorti éventuellement de quelques variantes. J’essaye de faire durer les séquences maximum 6 séances, éventuellement 8 dans certains cas.

    Pour construire une séquence, je commence par me demander ce que je veux que les élèves apprennent (par exemple, multiplier des fractions). Je fixe le nombre de séances qui me semble adapté et je construis à partir de ça. Une fois les objectifs fixés, je réfléchis à une activité d’introduction ; c’est généralement ce qui me prend le plus de temps et qui est le plus difficile. Je m’inspire de ce qui est dans le manuel utilisé en classe (parce que c’est pratique), mais je modifie souvent des choses, et parfois même je réinvente tout. J’utilise parfois les ressources proposées par l’Éducation nationale, il y a des bonnes idées et cela m’aide à anticiper les éventuelles difficultés des élèves. Dans les meilleurs cas, la préparation fait de façon collective avec les autres profs du même niveau, mais c’est assez rare en pratique parce que sur 6 profs de maths dans mon collège, il y a trois nouveaux.

    Lorsque l’activité introductive me plaît, je prépare toutes les questions flash de la séquence : autant de questions flash que de séances prévues. Cela me permet de savoir où j’en suis et me force à respecter mon planning et la progression envisagée. Je rédige la partie cours en m’aidant des manuels et des programmes. Ensuite, je sélectionne les exercices, idéalement dans le livre. Et je termine toujours par un problème plus difficile, ou bien une application à une situation « concrète », ou bien une situation mathématique ; tout cela dans le but de favoriser mise en situation de recherche.

    C’est assez dur à résumer en quelques mots, mais j’aurai probablement l’occasion d’écrire plus précisément sur certaines de mes préparations. 🙂

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